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La pissaladière en mode street food à la niçoise

pissaladière

Aujourd’hui nous allons parler de la pissaladière aka le meilleur de la finger food niçoise et je vais partager avec vous ma version végétale de cette recette.

Il y a quelques mois, je vous avais déjà parlé d’une autre spécialité niçoise, naturellement vegan: la socca que j’aime revisiter au gré des saisons et de mes envies. Avec les journées qui rallongent et les beaux jours qui reviennent, j’ai de plus en plus envie de socca et de pissaladière, c’est l’apéro parfait à partager !

La pissaladière s’est végétalisée au fil du temps en quelque sorte grâce au tourisme (certain diront « à cause »). Au départ, l’ingrédient principal de la pissaladière était le « pissalat » du nissart « peis salat » qui signifie poisson salé. Cette petite crème de poisson très salée servait de base sous les oignons. Mais en raison de son fort goût qui ne plaisait pas à tout le monde, elle ne figure plus du tout ou alors que très rarement dans la pissaladière. Elle est parfois remplacée par des anchois entiers salés disposés dessus. Mais dans la majorité des cas, ça sera simplement oignons caramélisés et olives.

Cette nouvelle recette rentre dans le cadre de l’éco-défi du mois de Mai dont le thème est « manger local et végétal ».

Avec une quinzaine d’autres blogueuses, Natasha du blog « Echos-Verts » nous a invité à créer des recettes printanières végétaliennes réalisées principalement à partir des délices de nos régions ou des pays voisins afin de proposer 1 semaine de menu 100% local.

Après avoir aborder le mois dernier la découverte de l’alimentation locale en PACA, c’est donc naturellement que j’ai choisi non seulement une recette de ma région mais également des ingrédients locaux, de saison et bio.

Si vous venez en vacances dans la région et que vous avez envie d’une spécialité locale, la pissaladière se trouve facilement dans toutes les boulangeries, en tout cas à Nice et ses alentours c’est sûr. Nous on est assez fan de celle de Bread, notre boulangerie bio qui en propose une délicieuse, à base d’ingrédients locaux et 100% vegan.

Mais il est assez facile de la faire soit même si on connait quelques astuces de base. La pâte est une pâte à pain croustillante, que je trouve tellement fabuleuse que je l’utilise comme pâte pour mes pizzas : elle est rapide, facile, super pratique et inratable, pas de prise de tête avec la pousse de la pâte etc… Pour la garniture, vous n’avez besoin que d’oignons, d’huile d’olive, d’un peu de thym, de laurier, et d’olives de Nice pour les puristes. Et c’est tout.

La pissaladière est donc un apéro ou un encas qui peut se faire facilement à la dernière minute en cas d’urgence vu que la pâte n’a pas besoin d’être levée !

Avant de rentrer dans les détails de la recette, je vais vous parler des produits utilisés qui sont 100% locaux. Le thème était d’utiliser que des produits locaux, en tout cas le maximum, et j’ai joué le jeu à fond.

J’ai choisi une farine de petit épeautre de Haute Provence dont je suis totalement fan depuis que je l’ai découverte. Les oignons, laurier et thym viennent du marché et de mon micro jardin sur la terrasse. J’ai utilisé ici des oignons nouveaux car c’est la saison au lieu des traditionnels oignons jaunes pour cette recette. L’huile d’olive et les olives viennent également de mon producteur local qui se trouve dans l’arrière-pays à Saint Blaise pour être précise. Et le sel vient de Camargue. Difficile de faire mieux. Hormis la poudre à lever qui vient de « France », tout est du coin. Dans cette recette j’ai utilisé de l’ail des ours que j’ai trouvé dans une forêt à La Colle sur Loup juste derrière chez moi, mais habituellement je me procure mon ail au marché local.

Je vais vous parler un peu des produits de la région…

La farine de petit épeautre

 

pissaladière

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La farine de petit épeautre de Haute Provence est surnommée « le caviar des céréales », et oui ce produit est exceptionnel ! Ses qualités nutritionnelles sont incomparables. Elle contient les 8 acides aminés essentiels à l’organisme. Elle n’est pas modifiée génétiquement. Sa composition riche et équilibrée en minéraux et sa teneur intéressante en caroténoïdes lui confère de nombreux bienfaits diététiques.

 

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Les producteurs de Haute Provence se sont attachés à conserver l’origine des semences. Le petit épeautre se distingue par son faible taux de gluten. Il est toléré par les personnes qui ont une sensibilité au gluten. Pas besoin d’être « sensible » pour s’apercevoir de ses bienfaits, moi qui ne le suis pas je vois quand même la différence, il est très digeste.

Les olives de Nice

L’Olive de Nice appelée « Caillette » est une olive au goût unique. Gorgée de soleil, elle est très caractéristique et a un goût fruité. Sa couleur naturelle a de multiples nuances allant du vert-jaune, marron-rouge, violet au noir.

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Produite entre mer et montagne, elles sont mises en saumure de façon traditionnelle dans un sel de mer naturel pendant 4 mois afin de la désamériser. Elles bénéficient aujourd’hui d’une Appellation d’Origine Protégée. Si vous y goûtez vous ne pourrez plus aimer d’autres olives. Et si vous pensez ne pas aimer les olives, il y a de forte chance que vous aimiez celles-ci ;-)

 

L’huile d’olive

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Moulin Alziari – source

Les AOP « Huile d’olive de Nice » et « Olive de Nice » partagent la même aire d’appellation, elle s’étend sur 99 communes du département des Alpes-Maritimes, en coteaux et collines, du Pays Grassois au Pays Mentonnais. La caractéristique principale de cette oliveraie est son implantation en restanques.

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Sel de camargue

Lors de notre dernier road trip en Camargue nous avions fait une razzia sur le sel et on en a ramené pour 10 ans ! Oui pas besoin d’aller en Vendée, en Loire-Atlantique ou dans l’Himalaya pour avoir du sel. Autant se servir au plus près quand on a cette chance.

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Le site d’Aigues-Mortes est magnifique. La coloration rose de l’eau est liée à la prolifération de micro-organismes. Les salines d’Aigues-Mortes sont la 2ième richesse biologique mondiale après la forêt tropicale.

Je ne vais pas vous reparler des maraichers du coin, j’en ai déjà parlé dans mon précédent article sur comment manger local, bio et vegan en PACA.

Maintenant ce n’est pas tout, place à la recette de LA pissaladière !

 

pissaladière

Ingrédients pour la pâte

  • 320 g de farine de petit épeautre
  • 1 sachet de poudre à lever (7 g)
  • 20 cl d’eau
  • 6 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à café de sel

Ingrédients pour la garniture

  • 800 g d’oignons jaunes (de préférence)
  • 2 feuilles de laurier
  • 5 branches de thym
  • 2 gousses d’ail
  • Olives de Nice
  • Sel
  • Sucre (facultatif)

Préparation de la garniture

  • Émincer très finement les oignons et l’ail.
  • Les faire revenir dans de l’huile d’olive avec le laurier et le thym. (Si vous n’en avez pas utiliser des herbes de Provence séchées).
  • Ajouter du sel et éventuellement du sucre mais ce n’est pas obligatoire.
  • Couvrir et laisser compoter pendant environ 1h sur feu doux. Les oignons vont dorer et se caraméliser.

Pendant ce temps faire la pâte.

Préparation de la pâte

  • Dans un saladier ajouter la farine, la poudre à lever, l’eau, l’huile d’olive, et le sel.
  • Mélanger le tout avec une spatule jusqu’à obtenir une pâte collante mais lisse (elle ne se travaille pas à la main). Même technique que pour ma pâte à pizza -> ici
  • Huiler un moule à pizza (ou mettre sur une plaque allant au four) à l’aide d’un pinceau.
  • Glisser la pâte à l’aide de la spatule sur le moule, fariner légèrement pour ne pas que la pâte colle à vos doigts et l’étaler avec les mains de façon uniforme.
  • Pas de temps d’attente. Une fois que les oignons sont confits, enlever les feuilles de lauriers et les branches de thym.
  • Mettre la garniture sur la pâte de façon uniforme.
  • Mettre au four pendant 40 min sur T7 (210°C) (attention ça peut varier selon les fours !)
  • Sortir du four, couper en morceaux et ajouter les olives sur les morceaux de pissaladière et quelques fleurs d’ail des ours si vous en avez.
  • Servir chaud ou tiède.

La pissaladière se conserve plusieurs jours au frigo. Elle se réchauffe facilement au four, elle est même meilleure et ne perd absolument pas de son croustillant au contraire. Je vous conseille même de la préparer en avance, pas de stress de dernière minute comme cela.

pissaladière

Et si vous réalisez cette recette, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire ou à partager vos photos, c’est toujours un plaisir de vous lire !

Nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour la 2ème recette de cet éco-défi, un dessert réalisé par Lorelei avec un fruit qui vient tout juste de faire son retour sur les étales de marché …

Télécharger gratuitement 4 E-books de recettes

pissaladière

Un grand merci à Natasha d’Echos-Verts d’avoir réuni en 4 E-books les recettes printanières, locales et végétales de 15 blogueuses et de les avoir mis gratuitement en téléchargement. N’attendez plus pour découvrir ces 28 recettes  !

 

 

 

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6 réponses
  1. Clémentine
    Clémentine dit :

    Je la trouve superbe cette pissaladière, non, on, je n’exagère pas :) Je vais la faire très rapidement car tu me donnes très faim en voyant ce gros plan à ma droite !
    J’ai longtemps vécu en Haute Provence, dans le pays de Sault au milieu des champs de lavande…et la farine de petit épeautre (locale) était sur toutes les tables. Je me souviens que souvent les grains étaient cuisinés comme le riz aussi.
    Je te dirai quand j’aurai réalisé ta jolie et appétissante recette.

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    • Edelweiss
      Edelweiss dit :

      Merci beaucoup pour ton message ! Je ne savais pas du tout que le grains se consommaient comme du riz, ça m’intrigue j’en ai jamais vu ! :-) J’espère que la recette te plaira ;-)

      Répondre

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